L’étude de la religion – en tant que discipline d’enseignement – dans les pays à religion orthodoxe majoritaire de l’Est de l’Europe


 

Résumée. Ce texte présent un panorama de l’étude de la religion, en tant que discipline scolaire, dans les pays orthodoxes de l’Est de l’Europe, en partant du cadre juridique jusqu’aux pratiques didactiques proprement dites. L’espace de spiritualité orthodoxe offre une hétérogénéité de situations, de dynamiques et d’expériences regardant l’étude de la religion dans l’école. La note commune est constituée par la transition, l’expérimentation, le passage des formules empiriques, des essais et erreurs aux stratégies cohérentes, rationnelles, perfectibles. On peut constater un passage à petits pas, mais évidents, de l’amateurisme à la professionnalisation.

I. Quelques observations générales

Les paysages religieux et éducatif dans les pays de l ‘Est de l’Europe évoluent indépendamment l’un de l’autre, à des rythmes différents, en suivant des logiques d’interaction particulière avec les sphères politique, économique et culturelle tant multiples et diverses. Chaque pays développe des stratégies dépendantes des mutations politiques, économiques, sociales, culturelles.

L’expérience de l’enseignement de la religion dans l’école est récente, environ 14 ans dans le cas de la Roumanie, 6-7 ans pour la Moldavie, Russie et Ukraine, 3-4 ans pour la Bulgarie et presque inexistante dans les pays de l’ancienne Yougoslavie, dû aux conjonctures idéologiques et politiques défavorables. Dans la période communiste la formation religieuse dans l’école a été interdite. Les pratiques éducatives entre les deux guerres mondiales d’enseignement de la religion, ne sont plus adéquates de point de vue didactique, pédagogique, philosophique.

La religion, en tant que discipline scolaire dans l’espace orthodoxe, n’a encore un statut unitaire de point de vue didactique et formel. Si en Grèce et Roumanie elle figure comme discipline obligatoire, en autres pays comme Ukraine, Moldavie et Russie elle est facultative ou optionnelle, ou même extra ou péri-scolaire comme dans les pays de l’ancienne Yougoslavie. Donc une dévalorisation symbolique intervient par son statut didactique non- obligatoire.

Les nouvelles réalités culturelles et politiques (ouverture, commencement de démocratisation) peuvent se constituer dans une opportunité de spiritualisation de l’école, par l’ouverture de celle-ci vers les valeurs religieuses tant blâmées et critiquées dans le passé. L’appétit pour les valeurs religieuses est extrêmement puissant dans l’Orient, elles étant assimilées à la liberté, l’intimité personnelle, la dignité et l’émancipation humaine, des valeurs que les gens ont manquées pour longtemps.

La situation ci-dessus impose une grande responsabilité. On doit éliminer l’opportunisme et l’amateurisme dans les stratégies d’introduction de l’enseignement religieux. Il ne faut pas qu’on faillisse! L’introduction de la religion dans l’école n’est pas seulement un problème de l’Eglise ou de l’Ecole mais de toute la société qui se trouvent à la recherche des repères valorisants pérennants. On désire la complémentarité d’action et la collaboration entre les facteurs religieux, éducationnels, juridiques, politiques, économiques au lieu des actions unilatérales, isolées, autarciques. De point de vue technique, didactique, la tâche la plus grande est celle des professeurs, des pédagogues, des managers d’écoles car la gestion d’une discipline revient aux gens de l’école et moins à ceux de l’extérieur qui n’ont souvent la compétence nécessaire.

Dans certaines situations il a existé le risque de substituer l’éducation religieuse avec la catéchisation (cette tentation existe encore). On sait que dans l’Eglise Orthodoxe la catéchisation est plus faible, plus diffuse sans une discipline à part comme dans l’Eglise Catholique. Plusieurs parents, prêtres et mêmes professeurs pensaient que par l’heure de religion on introduit spirituellement l’élève dans le culte respectif. C’est pourquoi, au moins au début, l’heure de religion était transformée dans un prêche ou une séance de catéchisation. A cause de cela, beaucoup de gens étaient en accord et aussi en grand désaccord en ce qui concerne l’introduction de la religion dans l’école.

Un avantage de cette résurrection spirituelle (l’introduction de la Religion dans l’école) consiste dans le fait qu’elle a lieu dans une période de redéfinition culturelle de l’Europe, de revalorisation juridique et diplomatique. Le processus d’introduction de la religion dans l’école peut raccorder dès le début une dynamique qui marquera pour longtemps notre continent, les principes tellement nécessaires au monde actuel comme le respect de l’altérité confessionnelle, de l’interculturalisme, de la tolérance et du respect réciproque.

Dans la majorité des cas, l’initiative de l’introduction de la religion dans l’école a revenu au clergé, majoritaire mais aussi minoritaire, qui par diplomatie, persuasion, effort a milité par des voies législatives, politiques, personnelles pour cette résurrection culturelle. Ceux–ci ont été soutenus par les représentants de la communauté laïque, des gens de culture – la société civile, en général. Les plus nombreux obstacles ont été mis par certains gens politiques, enrégimentés ou porteurs des anciens régimes totalitaires.

Les régimes politiques mais aussi une partie de la population ont été et sont encore d’accord avec le ralliement aux valeurs religieuses parfois sur des fondements nationalistes ou ethniques. Les uns voient dans les valeurs religieuses seulement une occasion de réaffirmation ou suprématie nationale ou ethnique. Une telle attitude est très dangereuse et l’école ne devrait pas entrer dans ce jeu, mais au contraire. La religion peut être instrumentée pour des buts moins honorables.

Pour ne pas glisser dans le péril ci-dessus, il est indiqué que l’étude de la religion, de point de vue institutionnel, se réalise au niveau des institutions laïques – l’école spécialement, qui peut garantir une certaine “neutralité” et contrôle déontologique. Dans les situations problématiques, de pluralité religieuse qui produit encore des conflits (le cas des pays de l’ancienne Yougoslavie) les instances laïques doivent surveiller avec intelligence ces processus. La laïcité, dans ce cas, peut prévenir le prosélytisme et le fondamentalisme religieux. Le programme même, à la discipline Religion, devrait être conçu d’une manière comparatiste, interculturaliste, et moins centré de point de vue confessionnel. La déconfessionnalisation, même partielle, se justifie dans les situations de crise.

Dans les pays où existe une homogénéité religieuse évidente, l’éducation religieuse peut être assurée plus facilement, les stratégies d’introduction de la religion étant plus avancées. Le pluralisme religieux engendre de nombreuses difficultés au niveau des politiques scolaires et de la structuration du curriculum à la discipline Religion.

II. La religion dans l’école (présentation par pays)

1. Grèce
La Grèce dispose d’une législation qui favorise l’étude de la religion dans l’école, en accord avec les demandes nationales et les standards européens, auxquels elle a dû s’aligner.
L’éducation religieuse en Grèce a comme fondement le principe de la liberté d’expression religieuse stipulée par l’article 13 de la Constitution et l’article 9 de la Convention européenne concernant les droits de l’homme. La Convention concernant les droits civils et politiques, par l’article 18, le quatrième paragraphe, prévoit aussi que “les états participants à la présente Convention comprennent respecter la liberté des parents ou tuteurs légaux, s’il est nécessaire, d’assurer l’éducation religieuse et morale en conformité avec leurs propres convictions.” Dans une société où on manifeste une grande adhérence de la population à une foi religieuse – le cas de la Grèce – l’état même s’implique dans l’organisation de l’éducation religieuse en accord avec la croyance majoritaire, l’orthodoxie (environ 90%). En même temps, si un enfant n’est pas orthodoxe, il a le droit par une simple pétition des parents ou du directeur de l’école de ne pas participer aux leçons de religion. Les minorités religieuses, de plus en plus évidentes en Grèce, dû aux immigrants économiques ou réfugiés politiques, ont transformé la société dans un univers de plus en plus plurireligieux et pluriculturel. C’est pourquoi, un nouveau réseau d’écoles a pris naissance, nommées écoles interculturelles où la population scolaire nouvelle (environ 12%) peut cultiver sa diversité religieuse et culturelle.
En Grèce l’étude de la religion commence dans la troisième année de l’enseignement primaire et continue pour toute la durée de la scolarité obligatoire. Dans la dernière année du cycle secondaire II la religion est inclue dans un module d’études à côté de la philosophie, l’histoire, les langues étrangères et les études politiques dans tous les types de lycées. Tout comme les autres disciplines d’enseignement, l’éducation religieuse est faite conformément aux programmes et manuels conçus tant par les représentants ecclésiastiques que par les professeurs qui enseignent ces disciplines.

2. Roumanie
Les actes législatifs qui soutiennent la réalisation de l’éducation religieuse institutionnalisée sont premièrement, la Constitution et la Loi de l’enseignement de 1995. Voilà ce que ces documents stipulent:
„La liberté de la pensée et des opinions, tout comme la liberté des croyances religieuses ne peuvent pas être limitées aucunement… Les parents ou les tuteurs ont le droit d’assurer, conformément aux propres convictions, l’éducation des enfants mineurs la responsabilité desquels leur revient.” (la Constitution de la Roumanie, l’article 29).
„Les plans cadre de l’enseignement primaire, gymnasial, au lycée et professionnel incluent la Religion comme discipline scolaire, partie du tronc commun (des disciplines obligatoires, notre note, C.C.). L’élève, avec l’accord des parents ou du tuteur légal institué, choisit pour étude la religion ou la confession. Suite à la pétition écrite des parents ou du tuteur légal institué, l’enfant peut manquer les leçons de religion. Dans ce cas la situation scolaire est faite sans cette discipline. On procède de la même manière pour l’élève qui, à cause des raisons objectives, n’a pas eu les conditions de fréquenter cette discipline” (La Loi de l’enseignement no. 85/1995, modifiée par l’Ordre du Gouvernement no. 36/1997 et no. 151/1999). On précise le fait qu’on enregistre un nombre très réduit de cas où l’élève manque les leçons de religion sur la demande expresse des parents.
L’enseignement confessionnel est aussi présent en Roumanie tant par le réseau de lycées et facultés à plusieurs confessions qui préparent ceux qui desservent le culte (prêtres, chantres d’église, assistants sociaux etc.), que par un réseau d’écoles primaires, gymnasiales ou lycées coordonnés par les églises. La Loi de l’enseignement de Roumanie, par l’article 9 encourage explicitement un tel réseau d’écoles qui respectent les normes didactiques du Ministère de l’Education et de la Recherche.
Tout comme les institutions d’enseignement nouvelles, celles-ci passent aussi par un procès d’accréditation conformément aux standards de qualité, imposés par l’Agence d’évaluation nationale.
En Roumanie, la Religion constitue une discipline inclue dans l’aire du curriculum Homme et société, à côté de l’Histoire, la Géographie, l’Education civique, la Philosophie, la Psychologie, en realisant simultanément avec celles-ci, en général une heure par semaine. Pour l’enseignement primaire (les classes I-IV) et celui secondaire (les classes V-VIII) la Religion constitue une discipline obligatoire mais pour l’enseignement au lycée elle devient une discipline facultative.
L’introduction de la Religion dans l’école a été faite une année après les événements de 1989, à l’initiative des représentants des églises de la Roumanie mais aussi avec l’accord des autorités laïques (le Parlement, le Ministère de l’Education Nationale etc). Après quelques années de provisoire (des programmes déficitaires, le manque de moyens curriculaires, de manuels, l’enseignement effectué par des prêtres non-qualifiés comme professeurs etc.) en présent nous assistons à un perfectionnement de l’enseignement de la religion et à un statut didactique similaire aux autres disciplines. Si au début ceux qui ont enseigné étaient exclusivement des prêtres, aujourd’hui cette activité didactique est réalisée par des professeurs spécialisés par universités en cadre des facultés de théologie (orthodoxe, romain catholique, gréco catholique, réformée, baptiste etc.).
L’enseignement de la religion dans l’espace scolaire est fait avec le respect des prévisions des plans d’enseignement, des programmes scolaires et de la législation spécifique à l’enseignement. La religion est inclue dans l’horaire de l’école et l’évaluation est faite en conformité avec les prévisions des règlements scolaires et aux exigences didactiques connues. Les cadres didactiques sont embauchés par concours tout comme les autres professeurs au niveau des inspectorats des départements du pays; pour se présenter au concours les candidats doivent présenter une recommandation de la part du culte qu’ils représentent, qui se réfère à la tenue morale du candidat. Le salaire et le nombre d’heures de religion sont établis par l’état conformément au Statut du Personnel Didactique, aux règlements du Ministère de l’Education Nationale.
Les programmes cadre à la Religion sont conçus d’une perspective mono-confessionnelle pensée par des spécialistes théologues et divers professeurs, pour chaque culte on préconise des thèmes spécifiques, l’aire d’intersection pour les cultes chrétiens étant minimale ou accidentelle. On n’est pas arrivé à la performance du travail en équipe, au moins dans certaines circonstances. Les points communs sont réunis par les mêmes finalités, c’est-à-dire les mêmes objectifs-cadre (qu’est ce qu’on suit par l’éducation religieuse?) stipulés par les programmes à toutes les confessions, à savoir:
1. La connaissance et l’amour du Dieu comme fondement de la rédemption et de la perfection de l’homme;
2. La connaissance et l’utilisation adéquate du langage de la sphère des valeurs religieuses;
3. La connaissance des principes des Saintes Ecritures, des traditions religieuses et de l’histoire de l’Eglise;
4. La formation des vertues chrétiennes et la consolidation des habitudes de comportement moral-religieux;
5. L’éducation des attitudes d’acceptation, compréhension et respect vis-à-vis de ceux d’autre croyances et convictions (Les programmes scolaires pour les classes I-VIII, vol. 7, Religion, MEN, Bucarest, 1999, p. 6).
Nous faisons la mention qu’à l’heure actuelle les autres disciplines scolaires ne sont pas “accordées” aux objectifs de l’éducation religieuse, elles ne sont pas suffisamment fondées sur une spiritualité qui soit en consensus avec la croyance chrétienne. Au contraire, on peut identifier de nombreux groupes informationnels qui sont de suite de facture athéiste, disjoints, rompus, en contresens avec les valeurs religieuses (voir certains thèmes des manuels de biologie, géographie, physique etc.). Plusieurs disciplines scolaires non seulement ne contribuent pas à la facilitation de la formation religieuse mais au contraire, amplifient les distances, présentent des perspectives unilatérales de compréhension, sèment la confusion ou attaquent ouvertement les fondements spirituels évidents.

3. La République Moldavie
Dans les institutions d’enseignement préuniversitaire de la République Moldavie, l’éducation morale-religieuse, trouvée dans ses premières années de déroulement, se réalise conformément à l’article 4, alinéat 3 de la Loi de l’enseignement qui prévoit que cette éducation est optionnelle et facultative pour toutes les étapes de l’enseignement. Conformément aux données communiquées par le Ministère de l’Education et de la Science de Kichinev, en présent l’heure d’éducation morale-religieuse figure dans le programme de 35 écoles d’état de dix départements, enseignée par 7 professeurs laïques et 24 représentants des cultes. Le nombre des écoles qui ont des heures de religion croît si on y inclut aussi celles où le maître d’études fait de l’éducation morale-religieuse.
Actuellement on médite sur une conception de l’enseignement de la religion dans l’école, celle de rite chrétien-orthodoxe au niveau de la Cathédrale Métropolitaine de Kichinev et de Toute la Moldavie pour la réalisation du processus éducationnel intégré.
Les objectifs cadre de l’éducation religieuse sont:
1. La connaissance et l’amour du Dieu et de Son Eglise conformément aux Saintes Ecritures et à la Sainte Tradition ;
2. La formation de l’attitude chrétienne vis-à-vis de notre pareil, de la société et de l’environnement;
3. La connaissance du rôle de l’homme sur la terre et la formation de l’attitude chrétienne vis-à-vis de soi.
L’éducation religieuse dans la République Moldavie, par objectifs et contenus, suit la ligne de celle déployée en Roumanie, mais on accentue son rôle dans la préservation du trésor de valeurs national-culturelles, dans la mise en évidence de certaines racines et filiations historiques, dans la “compréhension de l’appartenance à l’ancestrale Eglise Orthodoxe et à l’espace historique, ethnique et culturel”, à la “manifestation de la tolérance mais aussi de la fermeté (!) vis-à-vis des réalités pluriconfessionnelles de Moldavie”. (La conception de l’enseignement de la religion chrétienne-orthodoxe, les classes I-IV, l’Eglise Orthodoxe de Moldavie, la Cathédrale Métropolitaine de Kichinev et de Toute la Moldavie, Kichinev, 2003).
Complémentaire à cette stratégie est aussi l’initiative de certains auteurs de sensibiliser les facteurs responsables sur l’importance de l’éducation morale-spirituelle (en fait, religieuse), par l’élaboration, sous le patronage du Département Education, Science, Jeunesse et Sport et du Centre municipal scientifique-méthodique et d’Education Morale-Spirituelle “L’art de devenir Homme”, d’un guide conceptuel sur l’Education Morale-Spirituelle (cf. Bujor, Calistru, Mahu, Smerea, Education morale-spirituelle, 2001).
La stratégie de l’introduction de la religion dans l’école suppose les composantes suivantes:
– l’élaboration d’une conception concernant l’enseignement de la religion chrétienne-orthodoxe;
– la structuration d’un curriculum de cette discipline;
– la réalisation des manuels;
– l’élaboration des matériaux didactiques adéquats.
A ce moment, seulement la première composante est réalisée, certainement d’une manière assez provisoire. Pour ne pas péricliter maintenant le processus d’enseignement à cause du manque des manuels et des guides pour les professeurs on utilise ceux élaborés en Roumanie (pour les écoles à enseignement en roumain) et Russie (pour les écoles à instruction en russe), et aussi des matériaux des pays orthodoxes. En perspective, on attend la réalisation des manuels et guides autochtones pour les professeurs. Le processus de perfectionnement de l’introduction de la religion dans l’école de la République Moldavie est rendu difficile dû à la direction communiste des dernières années.

4. Bulgarie
La Bulgarie a une structure religieuse à savoir: 78% habitants d’Orthodoxes, 16% de Musulmans, 15 Protestants, 0,5% de Juifs, 0,2 d’Arméniens et 4,3 de sans religions (a une population totale de 8,1 millions d’habitants.
La constitution bulgare garantit la liberté religieuse mais désigne la religion « chrétien orthodoxe de l’Est comme religion traditionnelle ». Le Gouvernement soutient financièrement l’Eglise Orthodoxe de l’Est, mais aussi plusieurs autres communautés religieuse considérées comme ayant une place historique importante dans la société, a savoir la communauté musulmane, la communauté catholique et les Juifs. En général, les différentes communautés constatent une amélioration, mais attendent des réponses à des problèmes concrets, comme la question de l’enseignement de l’islam à l’école pour les élèves qui le souhaiteraient, la restitution de la propriété et l’accès aux mass media.
Après les changements démocratiques de 1989, les questions liées de la relation entre l’église, l’école et l’état ont revenu aussi en Bulgarie. Les plus hauts fors de l’église (l’Eglise Orthodoxe de la Bulgarie et le Haut Conseil Musulman) ne sont pas arrivés aux points de vue communs, ainsi que les schismes internes (il y avaient des métropolites parallèles à ceux canoniques, autorisés) se sont réfléchis négativement sur l’introduction de la religion dans l’école. Entre 1996 et 1999, les disputes internes ont été calmées mais les nouvelles conditions de relative unité ont imposé un souffle nouveau, congruent à l’introduction de la religion dans l’école.
Le retard est dû, d’une part aux disputes et malentendus de l’intérieur des cultes, mais aussi à la mentalité athéiste, matérialiste qui caractérisaient de suite les directeurs d’école et le corps des professeurs. On a tiré la conclusion (erronée) que si l’enseignement est laïque, la culture qui se transmet par l’école ne devrait pas avoir aucune dimension spirituelle ou religieuse. Ce point de vue a prédominé jusqu’en 1997, quand, suite à plusieurs conférences, séminaires, rencontres des représentants de l’église avec les personnalités politiques et de l’école, la perspective a commencé changer.
Les débuts de l’éducation religieuse systématique sont placés dans l’année scolaire 1998-1999. La religion comme matière était introduite a l’école primaire pour les classes 2-4 en tant que cours a option. Il y avait un petit nombre des clases à cause de la mauvaise organisation des groupes d’élèves au début de l’année. En 1999-2000, l’éducation religieuse était étendue aux classes 2-8, au système primaire et secondaire. La religion était enseignée en tant qu’une discipline d’option, une heure par semaine. Une classe de l’éducation religieuse peut être constituée s’il y a au moins 13 élèves qui souhaitent apprendre le sujet.
La religion comme discipline scolaire a un caractère confessionnel et est orientée principalement vers le contenu doctrinaire et la pratique du culte. Dans le secondaire, elle devienne moi confessionnel, elle est orientée vers orthodoxie (plus au moins 70% du contenu) mais a d’autres confessions chrétiennes ou religions (pratiques juives et islamiques).
La religion, comme toute autre matière, nouvellement introduite à l’école connaît de grandes difficultés. Tout d’abord, le manque de matériel pour enseigner. Jusqu’à la fin 1998 et début 1999, il n’y avait pas de manuels de religion et les enseignants avaient utilisé de vieux livres qui avaient un tout autre caractère excepté celui d’un livre scolaire. En 1999, le premier manuel de religion pour les classes 2-4 était publié et en automne 1999 deux autres manuels de religion ont fait leur apparition pour les classes 5-6 et 7-8.
Deuxièmement, la position de l’instituteur de religion n’est pas réglementée administrativement dans les écoles; premièrement, des théologiens sont désignés comme instituteurs de religion. Troisièmement, la responsabilité de la substance de la religion et les matières à enseigner n’est pas clairement définie. Il existe une commission de l’éducation religieuse au MEC qui inspecte et approuve les matières à enseigner et les cours de l’éducation religieuse des instituteurs. A cause du schisme de l’EOB jusqu’en 1999, l’église était exclue du processus de l’enseignement de l’éducation religieuse. Elle était préparée et organisée par les deux facultés de théologie sus-mentionnées et le MEC. Aujourd’hui, on s’attend à un très grand engagement de l’EOB dans la relation envers les matières à enseigner de l’éducation religieuse et l’appréciation des instituteurs. Quatrièmement, les relations de l’état avec les autres confessions et religions concernant la religion matière n’étaient pas administrativement réglées. Elles étaient exclues du processus de l’éducation religieuse. Au début de l’an 2000, la commission de religion au MEC a approuvé l’enseignement de la religion dans les groupes musulmans et pour l’année scolaire 2000/2001 les musulmans de la Bulgarie auront leurs propres classes de l’éducation religieuse. Néanmoins, les autres communautés confessionnelles ne seront pas autorisées à initier leur propre éducation. Dans un proche avenir, le système scolaire du secondaire (jusqu’à l’âge de 19 ans) peut aussi être pourvu de l’éducation religieuse, et le cours de religion sera dispensée comme suit :
– une approche confessionnelle à l’école primaire
– une approche non confessionnelle à l’école secondaire avec un accent mis sur l’histoire de la religion
– et finalement une approche non confessionnelle à l’école supérieure avec un accent mis sur l’enseignement de la morale chrétienne.
Le statut de l’éducation religieuse – «devenir obligatoire ou facultatif»- est maintenant largement discuté dans la société bulgare. L’introduction d’un autre sujet moral optionnel, nommément l’éthique est en discussion aussi (cf. Kozhumarov, 2000, pp. 17-18)
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5. La Fédération Russe
Quelques articles de la Constitution de la Fédération Russe légifèrent le droit de réaliser l’éducation religieuse.
Article 19

. 2. L’Etat garantit l’égalité des droits et des libertés de l’homme et du citoyen indépendamment du sexe, de la race, de la nationalité, de la langue, de l’origine, de la situation patrimoniale et professionnelle, du lieu de résidence, de l’attitude à l’égard de la religion, des convictions, de l’appartenance à des associations, ainsi que d’autres considérations. Toute forme de limitation des droits du citoyen selon des critères d’appartenance sociale, raciale, nationale, de langue ou de religion est interdite.
Article 28. A chacun est garanti la liberté de conscience, la liberté de croyance, y compris le droit de professer et pratiquer individuellement ou avec d’autres toute religion ou de n’en professer et pratiquer aucune, de choisir, d’avoir et de diffuser librement des convictions religieuses et autres ou d’agir conformément à celles-ci.
La Loi de l’enseignement de la Fédération Russe est assez restrictive concernant la réalisation de l’éducation religieuse institutionnalisée. Voilà ce qu’elle stipule:
1. Le système d’enseignement a un caractère civil (art.2). L’éducation religieuse dans l’école est permise exclusivement dans les situations suivantes:
en cadre de l’enseignement des disciplines religieuses, religieuses-philosophiques, religieux-connaissance est faite en régime supplémentaire vis-à-vis du programme scolaire;
en cadre de l’enseignement des cours ethno-confessionnels dans les écoles d’état ayant une composante ethno-culturelle (nationale) de l’enseignement;
dans la situation de l’enseignement de la religion dans le temps extrascolaire en régime d’heures facultatives.
2. Dans les institutions d’enseignement d’état et municipales la création et l’activité des organisations religieuses sont interdites. (p.5 pg.1 de la Loi de l’Enseignement).
La législation actuelle autorise les religions dites « traditionnelles » à ouvrir des écoles secondaires et des instituts supérieurs. Les programmes éducatifs de ces établissements sont de deux types. Les uns intègrent dans leurs cursus un enseignement général, selon les normes éducatives définies par le ministère de l’Education, et délivrent, outre un diplôme religieux, un diplôme d’Etat correspondant. Les autres se limitent à un enseignement religieux. Au sein des établissements publics apparaissent de nouvelles matières dont la délimitation n’est pas encore rigoureusement définie: l’histoire des religions et la théologie. Les principales difficultés résident dans le flou qui entoure le diplôme lui-même. De plus, on ne sait pas encore de façon précise si les établissements publics peuvent former des théologiens. En pratique, c’est l’administration des différents établissements qui tranche, chacune à sa façon, en fonction de ses préférences idéologiques, mais aussi en fonction de ses capacités à faire reconnaître par le ministère de l’Education les nouvelles matières enseignées.
Les établissements publics et privés se différencient par leur mode de contrat avec l’Etat et leur type de financement. La difficulté à établir des contrats avec l’Etat oblige certains établissements privés à prendre la forme d’«organisations religieuses et éducatives», qui ont légalement le droit d’organiser des cours et des séminaires dans le domaine religieux, mais qui ne peuvent pas délivrer de diplôme ; ils ne peuvent fournir que des certificats attestant que l’étudiant a suivi un certain nombre d’enseignements. En revanche, de nombreux établissements privés, sous contrat avec l’Etat, et qui ne sont pas des établissements confessionnels, n’intègrent aucune discipline religieuse dans leurs programmes. Certains établissements, n’appartenant à aucun mouvement dit « traditionnel », mais étroitement liés à tel ou tel groupe religieux, essaient d’obtenir, en tant qu’établissements non confessionnels, l’autorisation d’enseigner l’histoire, l’histoire de la culture ou les langues. C’est en particulier le cas d’établissements fondés par des Nouveaux mouvements religieux.
L’Eglise orthodoxe russe s’est traditionnellement toujours refusée à prendre position sur les questions de société, distinguant nettement le temporel et le spirituel. Cette attitude fut longtemps considérée comme la seule possible dans les relations qu’elle voulait entretenir avec l’Etat. La dernière décennie a néanmoins placé l’Eglise orthodoxe devant une situation inédite : jamais auparavant, la société russe n’avait vécu une telle pluralité religieuse et jamais l’individu n’avait autant eu la possibilité de faire son choix religieux indépendamment du poids de la tradition et de l’institution religieuse. La religion orthodoxe étant devenue une confession parmi d’autres, même si elle est considérée comme « traditionnelle », l’Eglise orthodoxe russe se devait de penser de façon renouvelée à son rôle dans la société. Et c’est en grande partie afin de répondre aux nouveaux défis lancés par la société et par les autres groupes religieux qu’elle a adopté en août dernier les Fondements de doctrine sociale, qui reflètent, d’après le texte lui-même, la position officielle de l’Eglise à l’égard de l’Etat et de la société sécularisée.
Etant donné la faiblesse des moyens économiques et humains de l’Eglise, les écoles confessionnelles restent encore peu nombreuses et la majorité des enfants issus de familles chrétiennes font leurs études dans les écoles laïques. C’est ce qui explique que « l’Eglise juge utile et indispensable la mise en place, en fonction du désir des enfants et de leurs parents, de cours d’éducation chrétienne dans les écoles laïques». Le système éducatif apparaît dans les Fondements de doctrine sociale comme un domaine essentiel de coopération entre l’Eglise et l’Etat. Alors qu’une grande partie de la population aurait perdu la plupart de ses repères, la tradition, au sens général du terme, est invoquée pour contribuer aux nouvelles constructions identitaires, et l’Eglise se sent « appelée à aider l’école dans sa mission éducative » et à œuvrer à cette tâche.
Le Ministère de l’Enseignement de la Fédération Russe a émis une lettre informative en avril 1999 ayant le titre “Sur le droit des associations religieuses d’enseigner la religion aux enfants hors le programme scolaire dans les espaces scolaires et municipaux” où on indique le fait que le Ministère interprète le terme “laïque” pas comme terme “ecclésiastique”, mais comme terme “civil” et ne le regarde pas comme synonime pour les termes “athéiste” et “antireligieux”.
– Dans le quatrième paragraphe, article 5 sur la “Liberté de la conscience” on met à point la suivante procédure pour résoudre le problème de l’instruction religieuse dans les écoles d’état et municipales:
„Sur la demande des parents ou des personnes qui les remplacent et avec l’approbation des enfants (jusqu’à l’âge de 14 ans; après cet âge les enfants n’ont plus besoin de l’approbation des parents dans le cas donné) qui suivent les cours des institutions d’état et municipales, l’administration des institutions citées ci-dessus en accord avec la forme d’administration locale offre à l’organisation religieuse la possibilité d’enseigner la religion aux enfants hors le programme scolaire obligatoire”.
– En même temps les organisations religieuses qui n’ont pas un statut légal n’ont pas le droit d’instruire de point de vue religieux les enfants dans les institutions d’enseignement d’état et municipal et on y mentionne aussi les “sectes” religieuses.
Dans les lettres du Ministère de l’Enseignement est indiqué que celui qui enseignera les heures de religion doit avoir une formation professionnelle spéciale, en possédant un certificat émis par les représentants de l’état. En outre la personne doit avoir un diplôme d’études pédagogiques émis par une institution académique de profil.
Un exemple à l’appui de l’étude de la religion dans l’école est aussi la nouvelle législation religieuse. Adoptée le 26 septembre 1997 et entrée en vigueur le 1er octobre 1997, la nouvelle loi fédérale „sur la liberté de conscience et les associations religieuses” concerne l’ensemble des activités des associations religieuses.
Elle reconnaît la liberté de conscience et de religion pour tous les citoyens et résidents de la Fédération de Russie.
Elle réaffirme la séparation de l’Eglise et de l’Etat et stipule qu’aucune religion ne peut se prévaloir d’un statut d’Eglise d’Etat, tout en soulignant le „rôle particulier de l’orthodoxie dans le développement de la nation russe et dans sa culture „.
Par contre, elle mentionne le christianisme dans son ensemble, et non seulement l’orthodoxie comme dans le premier projet rejeté par le président Eltsine, en tant que „partie intégrante de l’héritage historique du peuple russe „, au même titre que l’islam, le judaïsme et le bouddhisme.
La législation fait la distinction entre, d’une part, les „organisations religieuses ” qui ont le statut de personne morale et bénéficient ainsi d’une totale existence légale en Russie et, d’autre part, les „groupes religieux ” qui ne disposent pas de ce statut et dont la situation reste précaire. Les organisations religieuses se voient reconnaître des droits et des privilèges, notamment en matière fiscale et dans le domaine de l’instruction religieuse, tandis que les autres groupes religieux sont assujettis à certaines limitations dans leurs activités et devront passer périodiquement des procédures d’enregistrement.
Du moment où l’Eglise Orthodoxe a promu l’idée sur le lieu de la discipline “Théologie” dans le système d’enseignement d’état ont passé 10 ans. Aujourd’hui le Ministère de l’Enseignement de la Fédération Russe a établi les standards pour les disciplines “Enseignement de la religion” et “Théologie” dans les institutions d’enseignement supérieur. La question liée de l’enseignement de la religion dans l’école, spécialement dans les communautés plurireligieuses, persiste encore.
Le ministre de l’enseignement ne s’empresse pas répondre à ces questions qui viennent de la part des militants religieux ou il dit qu’on ne peut pas dire rien de concret. Cela s’explique par le fait que ni le Ministère de l’Enseignement ni la communauté religieuse ne peut pas répondre clairement quelle religion (des 4 fondamentales) doit être introduite, qui soit l’enseignant et sur quels matériaux; bien qu’au niveau expérimental certains programmes religieux soient mis en pratique sans grand tam-tam, dans les écoles ecclésiastiques et en certaines garderies on enseigne les bases du islam.
Au surplus, les parents sont attentifs aux propositions venues de la part du Ministère de l’Enseignement et de l’Eglise concernant la réalisation des expertises pour les programmes spirituels, scolaires ou autres types de programmes.
Sans réponse reste encore la question portant sur le nombre d’heures dédiées aux disciplines “supplémentaires” et au lieu de quelles disciplines on va tenir ces heures car dans la majorité des écoles les enfants de la deuxième ont déjà environ 5-6 heures par jour. Il est alarmant que suite aux rencontres entre le Ministère et l’Eglise les données concernant l’efficience de l’éducation religieuse manquent encore. 

Ukraine
L’article 35 de la Constitution de Ukraine crée les prémisses de la réalisation d’une formation religieuse. Cet article préconise:
Chaque personne a le droit à la liberté de la conscience et religion. Ce droit inclut la liberté de professer ou de ne pas professer une religion, de participer aux rites ou rituels individuels ou collectifs et d’orienter de point de vue religieux toute l’activité.
Personne ne peut pas se soustraire à ses obligations viv-à-vis de l’Etat ou refuser obéir la loi à cause de sa croyance religieuse. Dans le cas où le stage militaire est contraire à la croyance religieuse, cette obligation peut être substituée par le service militaire alternatif.
Statistiques officielles montrent le suivant panorama confessionnel:
Orthodoxes : 78,8 %.
Gréco catholiques : 11,5 % (surtout dans l’Ouest).
Romano catholiques : 0,96 % les minorités hongroise et polonaise sont généralement catholiques romains.
Protestants (baptistes) : 0,38 %.
Ces chiffres gagnent à être révisés, compte tenu des changements récents qui affectent la vie religieuse de l’Ukraine. Les dernières analyses sociologiques semblent indiquer qu’a Kiev même et dans certaines régions de l’Est comme le Donetsk, les protestants forment désormais, tous groupes confondus, la première confession religieuse. En effet, plusieurs centaines d’Eglises ou de communautés sont apparues, le plus souvent à l’initiative des missionnaires venus d’Amérique du Nord. Ces Eglises recrutent le plus souvent dans les milieux orthodoxes.
La Constitution de 1991 garantit la liberté religieuse et la pratique du culte. Un amendement de 1993 restreint les activités missionnaires et l’invitation de missionnaires étrangers aux seules communautés enregistrées auprès de l’administration.
Les autorités locales interviennent souvent dans les questions religieuses, qu’il s’agisse de conflits entre Églises orthodoxes ou des missionnaires étrangers. La liberté religieuse est effective en Ukraine à l’exception de ces interférences de l’Administration.
Les Eglises cherchent à obtenir une législation qui officialise l’existence des écoles confessionnelles et leur permette de vivre au niveau d’égalité avec les écoles de l’Etat. Ils demandent la même reconnaissance pour les Universités confessionnelles.
La question de l’introduction de la religion dans l’école reste encore au stage de projet et discussions. Des propositions concrètes concernant l’élaboration d’une nouvelle loi sur la “liberté de la conscience et des organisations religieuses” ont été mises en discussion par les députés, les hommes de culture, les fonctionnaires dans les institutions d’état – communique l’agence de nouvelles Ukrainform. L’un des auteurs qui rédigent cette loi est le député Vasilii Kostitkii, qui a annoncé qu’il a proposé au parlement pour examiner la loi de collaboration entre l’Eglise et l’Ecole. Cet acte permettra la création de la possibilité de l’enseignement de la religion en régime facultatif.
L’idée d’introduire l’étude de la religion dans les programmes d’enseignement a été soutenue par le représentant du centre musulman, Suleiman Muhamedzeanov. Selon son opinion, la connaissance du Coran conduira au rapprochement spirituel entre la jeunesse musulmane et les croyants d’autres religions.

7. Biélorussie
Le président Alexandre Loukachenko a ratifié le 31 octobre 2002 une nouvelle loi sur la religion. Celle-ci impose l’enregistrement des groupes religieux et des activités des étrangers travaillant à leur service. Les défenseurs des libertés religieuses dénoncent cette discrimination légale, qui touche la moitié du clergé catholique du pays.
Les militants des libertés religieuses dénoncent ces „mesures draconiennes” prises à l’ encontre minorités religieuses. Selon eux, à cause de cette loi, les Eglises minoritaires de Biélorussie sont menacées. Ils avertissent : un grand nombre de leurs communautés pourraient bien disparaître. Les orthodoxes, largement majoritaires, sont satisfaits de cette loi, faite a leur mesure, s’insurge-t-on côté protestant. Côté gouvernement, on se défend, en arguant qu’il entend ainsi lutter contre la prolifération des sectes.
L’église orthodoxe de Biélorussie, par la voix de son primat, le métropolite Philarète de Minsk, exarque du patriarche de Moscou pour ce pays, s’est déclarée „extrêmement satisfaite” de la nouvelle législation sur la liberté de conscience et les organisations religieuses, adoptée en seconde lecture par les deux chambres du parlement biélorusse, le 27 juin et le 2 octobre 2002. Dans une déclaration a l’agence de presse russe Blagovest-Info, le métropolite Philarète a rejeté les critiques émises par les responsables des Eglises protestantes de Biélorussie qui s’inquiètent des conséquences d’un texte de loi qui accorderait un statut privilégié a l’Eglise orthodoxe. „Il n’y a rien d’anti-démocratique dans le préambule de la loi”, a-t-il souligné, avant de souligner que l’article de ce préambule qui reconnaît „le rôle fondamental de l’Eglise orthodoxe dans l’histoire et la culture du peuple biélorusse”, de même que le „rôle significatif” de l’Eglise catholique ainsi que la place du protestantisme et du judaïsme en Biélorussie, „ne contrevient en aucune façon aux normes du droit des pays de la Communauté européenne”. Commentant la réaction négative des responsables des Eglises protestantes, le métropolite de Minsk a jugé que „tout ce bruit est en fait l’oeuvre de certaines personnes qui ont peur que la Biélorussie se rattache a la Russie et que cela ne devienne un exemple a suivre pour d’autres ex-républiques de l’Urss”.
C’est avec réserve que l’archevêque de Minsk, le cardinal Kazimierz Swiatek, a accueilli la nouvelle loi sur la religion signée le 31 octobre 2002 par le président biélorusse Alexandre Loukachenko. Cette loi sur la religion est l’une des plus répressives des états de l’ex-Union soviétique.
La nouvelle loi interdit toute activité d’associations religieuses non enregistrées au niveau gouvernemental et prévoit une censure pour la littérature religieuse. Par ailleurs, selon la loi, aucun étranger n’a le droit d’être à la tête d’une organisation religieuse. Après des décennies de persécution et d’oppression de l’Eglise du temps de l’Union soviétique et dans les années qui ont suivi sous le régime quasi-soviétique du président Loukachenko, le cardinal Swiatek, qui sous la domination communiste fut d’abord condamné a mort puis passa dix années en prison, a appelé les croyants a préserver leur foi comme autrefois. „Je ne vois pas d’amélioration à venir dans la vie des catholiques en Biélorussie, déclare-t-il. Mais nous devons espérer que la situation n’empire pas”.
Le cardinal Swiatek précise que les catholiques ne sont pas le groupe le plus visé par ces restrictions. „Certains groupes, dont les protestants, qui ne sont pas encore bien installés, sont encore plus durement atteints”. D’après les plus récentes estimations, le nombre de catholiques en Biélorussie s’élèverait a deux millions, sur une population totale d’environ dix millions d’habitants.

8. Les états de l’ex-Yougoslavie
La disparition de l’état yougoslave a engendré des conflits profonds dus aux plates-formes religieuses différentes. De point de vue législatif, il n’y a pas de fondements pour la réalisation de l’éducation religieuse. La crainte que l’étude de la religion dans l’école pourrait activer les anciens conflits interethniques persiste encore.
L’éducation religieuse est faite d’une manière diffuse, non-systématique au niveau des organisations religieuses et moins au niveau des instances d’état.
Pour le moment il n’existe pas une législation générale qui puisse réglementer clairement la relation entre les églises et l’état, entre les églises et l’école. Par exemple, la législation fédérale et serbe prévoit des droits religieux garantis par des actes internationaux sur les droits humains. En Serbie, il n’y avait pas de lois sur les communautés religieuses et aucune distinction n’était faite entre « traditionnelles » et « nouvelles » ou « grandes » et « petites » communautés religieuses. L’intervention de l’état dans les affaires et les activités internes des communautés religieuses n’était pas autorisée.
Une nouvelle loi républicaine sur les communautés religieuse était en préparation. Le projet de loi sur les communautés religieuses n’est pas encore passé, et rien n’indique que le public, ou au moins les experts des problèmes de religion auront la possibilité de le revoir avant qu’il soit soumis pour adoption. Les informations disponibles sur le contenu de la loi laissent place à de nombreuses spéculations. Certains disent que l’avant projet serait moderne et libéral, d’autres suspectent qu’il serait semblable à la loi russe restrictive qui favorise l’Eglise Orthodoxe et la présente comme une sorte d’église d’état.
Des actions d’introduction de l’étude de la religion dans l’école sont présentes et elles viennent de la part des représentants des églises. Nous donnons deux exemples: 1) celui des représentants de l’islamisme de Kosovo et 2) celui des orthodoxes et islamistes de Macédoine.
1) La proposition des autorités islamiques du Kosovo d’introduire un enseignement religieux à l’école suscite une vive polémique. Beaucoup de gens craignent en effet que cela ne soit pas la meilleure manière de favoriser un esprit de tolérance, dans une province déjà fortement divisée. Ces propos sonnent comme une musique céleste aux oreilles des chefs de la communauté islamique du Kosovo, qui ont accéléré leur campagne pour l’enseignement religieux à l’école, alors que dans le même temps, des craintes s’expriment sur le risque qu’une telle réforme puisse approfondir les divisions interethniques dans une région agitée. 2) Au début de l’année scolaire 1999-2000, les vedettes n’ont pas été les élèves, mais les prêtres. Le 1er septembre, les prêtres orthodoxes et les « hodjas » (dignitaires religieux musulmans), ont dit des prières dans toutes les écoles élémentaires de Macédoine. Les cérémonies religieuses ont été semblables à celles qui se pratiquent dans les églises et les mosquées, à la seule différence que, cette fois, la « congrégation » était composée d’élèves un peu perplexes. L’organisateur de cette représentation religieuse a été le ministre de l’éducation, Nenad Novkovski, qui a décidé, seul, que le premier jour de classe devrait commencer par une bénédiction donnée par des prêtres. Les écoles n’ont appris la décision ministérielle que trois jours avant le début de l’année scolaire. Néanmoins, les directeurs d’école obéissants, dont la plupart ont été nommés par le ministre, n’ont pas posé trop de questions. Ils se sont empressés de recruter des prêtres et des hodjas. Le ministre lui-même a assisté à cette expérience, accompagné de sa fille, à l’école élémentaire de Ljunan Lape, où pas moins de cinq prêtres ont récité des prières en son honneur.

Bibliographie

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Bujor, Nicolae; Calistru, Rodica, Mahu, Ion; Mihail, Smerea, 2001, Educatia moral-spirituala (Ghid conceptual), Chisinău, 2001.
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www.balkans.eu.org
Portalul „RUDN”, 29.10.2003 10:33 – V.V. Vanciugov;
http://www.humanities.edu.ru:8100/db/msg/39788
Serviciul de informare națională „Страна.Ru”, Maria Sveșnikova, 20 mai 2002; http://www.strana.ru/stories/01/08/27/2786/135632.html
Sivertsev, Mikhail, 2001, Religion et systeme educativ en Russie, Journal on Multicultural societies, Vol. 2, No. 2.

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